Bagne de Nice

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Le Bagne de Nice est un bâtiment qui date de 1750, dont la fonction est passée de l’entrepôt au bagne, etc. Pour finir, de nos jours, en galerie d’art ou plutôt en Espace culturel départemental Lympia, il se trouve à l’est du port de Nice, au fond du quai d’Entrecasteaux. LOU-BARRI LONG, c’est le nom par lequel les niçois l’appelait, le long mur.

Origine du mot bagne

Le mot bagne vient de l’italien bagno, il tire son nom puisque la prison de Livourne en Italie.  Elle avait été construite à l’emplacement d’anciens bains publics romains.

Bagne de Nice

En 1749, le roi Charles-Emmanuel III décide d’aménager un port dans l’anse Lympia dans le but de favoriser le commerce. En 1750, avec le creusement du port de Nice, un entrepôt est construit pour ranger les outils. Puis, sûrement pour loger la main d’oeuvre au plus près du chantier, le duché de Savoie entreprend la construction du bagne, juste à côté du lieu de creusement du port Lympia. Dans le bagne de Nice, les détenus étaient condamnés aux travaux forcés.
C’est un bâtiment tout en longueur, composé de deux pavillons, au nord le pavillon de l’horloge (1826), au sud, le pavillon du bagne (1837) et une galerie en pierre de taille, au milieu.

L’un des deux pavillons de deux étages est surmonté par un clocheton pour la chapelle. De nos jours, il ne reste que celui du nord. A noter que l’horloge de l’ancien bagne se compose d’une seule aiguille dorée, pourquoi donc? Peut-être parce que dans les temps reculés, les gens n’étaient pas à cinq minutes près et le temps au quart d’heure suffisait.

L’intérieur du bagne vers 1840, aquarelle de Jean-Benoît Héron

En 1835, le rez-de-chaussée voûté est transformé afin d’éviter les évasions. On pose donc, des serrures extérieures, des gonds inversés aux portes et des grilles à barreaux contrariés. Des bat-flancs maçonnés servent de lits aux forçats qui dorment ainsi enchaînés.

Entre 100 et 200 détenus y seront incarcérés. Les derniers détenus du bagne de Nice sont transférés en août 1887, vers les nouvelles prisons, actuellement la Maison d’Arrêt.

A la fermeture du bagne, il servira de caserne puis les services maritimes du Conseil Général des Alpes-Maritimes y prennent place, etc.

Travaux du bagne de Nice

En 2012, le Département 06 achète la caserne Lympia car le pavillon de l’horloge lui appartenait déjà. Lors des travaux, le pavage originel de la terrasse est mis à jour.
Entre 2016 et  2017, ils sont rénovés et aménagés pour devenir l’Espace culturel départemental Lympia.

Trois espaces sont à disposition :
La galerie, salle d’une surface d’environ 250m² propose donc des expositions.
Le pavillon de l’horloge qui comprend une salle d’accueil de 39m2 et une salle de 29m2. Au deuxième niveau se trouvent deux salles de 50 et 46m2. Au dernier étage, une salle accueille des ateliers.

La terrasse permet au visiteur d’admirer un panorama sublime, le port Lympia, vu du haut. Ainsi, elle est reliée à la première salle d’exposition du pavillon.

Intérieur après travaux

Quelques expositions

L’Espace culturel départemental Lympia, ancien bagne de Nice présente des expositions temporaires.

Louis Pons, J’aurai la peau des choses, du 5 novembre 2022 au 26 février 2023

Vasarely d’un art programmatique au numérique, du samedi 17 juin au dimanche 22 octobre 2023
Depuis le 27 janvier et jusqu’au 30 juin 2024, exposition sur Hergé, intitulée Tintin, Hergé et Tcha. 

Bagne de Nice, Monuments historiques

L’ancien bagne de Nice devenu l’Espace culturel Lympia est un témoin de l’histoire de Nice. Depuis 16 septembre 1943, il est inscrit au titre des monuments historiques.

Aquarelle et livre

aquarelle de Louis-Joseph Dutertre

Une aquarelle de Louis-Joseph Dutertre, 1843, La route menant au port de Nice nous montre une colonne de détenus en blouse et bonnet rouge, qui charrient un énorme bloc de rocher sous la surveillance d’un garde sarde et sous le regard de Charles-Félix (statue).

livre, L’ancien bagne du port de nice

Résumé
L’ancien bagne du port de Nice est le dernier bâtiment de ce type conservé aujourd’hui en France.

Son histoire, commencée dès 1750, accompagne celle du port Lympia. L’édifice va connaître au cours des siècles un destin surprenant, traversant des périodes d’ombre, puis de lumière. Acquis par le Département des Alpes-Maritimes, le pavillon de l’Horloge et le rez-de-chaussée de l’ancien bagne sont aujourd’hui au coeur d’un vaste projet de valorisation culturelle.

C’est l’histoire de ce monument exceptionnel, et du bagne qui occupa ses murs, qui est racontée au fil des pages de cet ouvrage documenté et remarquablement illustré.

L’ancien bagne du port de nice

Editeur Snoeck Publishers

Date de parution 06/07/2017,

EAN 9789461613912

Quelques indications

Le trousseau du bagnard

Le trousseau d’un bagnard se compose d’une casaque de laine, de deux chemises, de deux caleçons, d’une vareuse, d’une paire de bas et de souliers et du fameux bonnet rouge ou vert.
Le bonnet rouge est réservé aux condamnés à temps, c’est-à-dire par ceux condamnés à une peine d’une durée limitée, tandis que le bonnet vert est porté par les condamnés à perpétuité. Le forçat reçoit aussi un matricule qu’il porte sur une plaque fixée à son bonnet. Le bagnard est souvent attaché à un autre prisonnier par une chaîne reliée et un anneau de fer rivé au-dessus de la cheville.

Le personnel du bagne

Le capitaine du port dirige le bagne avec l’aide, en général, de son lieutenant et un adjudant, qui s’occupe du fonctionnement du bagne. À Villefranche, on trouve aussi un médecin, un chirurgien et un infirmier, ainsi que deux chapelains, mais le bagne de Nice ne dispose que d’un chapelain et d’un chirurgien.
Dans le personnel de surveillance, il existe plusieurs grades comme chef garde-chiourme, garde-chiourme, chef argousin ou officier de surveillance, argousin et sous-argousin ou compagnon-argousin.
Les gardes-chiourme surveillent les forçats tandis que les argousins ont la tâche de mettre et d’enlever les fers aux chevilles des forçats, de vérifier les chaînes, fers et manilles. Ils doivent aussi effectuer des fouilles, tout simplement pour vérifier si le forçat ne dissimule pas un outil pour tenter de s’évader.
La règle est que depuis 1816, pour cent condamnés, le nombre de gardiens est d’un chef garde-chiourme, huit gardes-chiourme, un argousin et un sous-argousin.

Pas de distinction dans les vêtements du personnel pénitentiaire, tout le monde porte un uniforme identique quel que soit le grade. En 1816, la tenu est composée d’une veste de drap bleu foncé avec le col vert, un pantalon de marin également bleu foncé, un chapeau haut, une cocarde et des gants blancs. Seul, un galon argenté cousu sur leurs manches différencie les chefs et les argousins des autres. Ils portent, selon leur grade, un fusil à baïonnette et un sabre pour les gardes-chiourme, et uniquement un sabre pour l’argousier.

On peut noter qu’ils sont vulnérables et que leur métier est dangereux puisque régulièrement, ils subissent des violences physiques de la part des forçats. Comme exemple, il est bon de rappeler l’accident survenu dans la nuit du 24 au 25 décembre 1822 où trois d’entre eux se noient dans la darse de Villefranche.

La légende noire du bagne, Jean-Joseph Clémens

Pour plus d’infos, lire le livre La légende noire du bagne, Jean-Joseph Clémens,

EAN : 9782070565085
Editions Gallimard

Résumé :
D’après le manuscrit du forçat Clémens enfermé au bagne à Rochefort de 1834 à 1847. Les dessins, pris sur le vif, et les extraits du texte reproduits ici constituent un document inestimable sur les bagnes portuaires de cette époque.
Quatrième de couverture La Légende noire du bagne
Il est le dernier acteur d’un vieux spectacle, celui de l’homme puni, exposé, marqué, convoyé. Le bagnard, le forçat a son théâtre dans les arsenaux des ports de Toulon de Brest et de Rochefort. Monde de pierre de fer, de bois et de chanvre. Bruits de chaînes et de grilles, de serrures ouvertes puis refermées, de sabots raclant les pavés des cours. Odeurs de centaines de condamnés rassemblés le soir dans des salles vastes comme des coursives de bateaux immobiles. De cet univers enfoui dans la mémoire collective surgissent des bribes de textes littéraires, des expressions populaires et quelques images. Celles ici proposées percent l’au-delà des murs, témoignent du réel, visions sur le vif au centre de l’existence des détenus.
Michel Pierre

Informations utiles

Espace culturel départemental Lympia, ancien bagne de Nice
2 quai Entrecasteaux
06300 Nice
Ouverture du 1er septembre au 30 juin, du mercredi au dimanche de 10 heures à 17 heures.
Accès par les transports en commun :
En bus, Ligne 57 arrêt Port Lympia/Arson, Ligne 100, arrêt Le port
En tram, Tram 1 : arrêt Garibaldi, Tram 2 : arrêt Port Lympia